Yasmine : la réalité du coaching en ligne que personne te dit
J'ai eu Yasmine au podcast et le truc c'est que son parcours, quasi personne le connaît vraiment. Elle a 30 ans, plus de 100 000 abonnés sur Instagram, et avant d'être coach sportive... elle était styliste. 4 ans d'études de mode, diplôme en poche. C'est pendant ses études qu'elle a commencé à s'intéresser à la salle, d'abord chez elle, puis en salle de sport, jusqu'au jour où des potes lui ont dit "mais pourquoi tu deviens pas coach ?" Elle savait même pas que c'était un métier dont on pouvait vivre. Du coup elle a passé son BPJEPS, décroché un stage dans une box de CrossFit à Paris, et c'est là que tout a vraiment commencé.
Et justement, cet épisode c'est pas la version Instagram du coaching en ligne. On parle des vraies galères : les dépressions, les burnouts, le shadow ban qui a duré 3 mois, les jours où elle devait choisir entre manger et poster sur Instagram, et cette question que chaque coach finit par se poser... est-ce qu'on veut grandir à tout prix, ou est-ce qu'on veut se préserver ? Yasmine répond sans filtre, avec ses chiffres, ses limites, et sa vision du métier.
Si tu te demandes si les réseaux sont vraiment nécessaires, si le nombre d'abonnés fait le chiffre d'affaires, ou comment construire une activité de coaching qui te détruise pas la santé mentale, cet épisode va te faire du bien. C'est sincère dans un univers qui se vend souvent trop beau.
Ce que tu vas apprendre dans cet épisode
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Commencer en présentiel avant de se lancer en ligne, c'est pas facultatif
Yasmine a commencé directement en ligne dès son diplôme... et elle le conseille pas. Le truc c'est que le coaching en présentiel t'apprend à lire les gens. Quand tu vois quelqu'un qui descend pas au squat, tu dois comprendre si c'est de la mobilité de cheville ou si c'est la peur de pas remonter. Et ça, ça s'apprend en vrai, pas derrière un écran. Elle le dit clairement : "90 % du temps, c'est pas une question de mobilité de cheville. Mais tu le vois surtout en réel." Du coup les coachs qui démarrent directement en ligne sans jamais avoir coaché en présentiel font des erreurs que le terrain aurait évitées.
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Les abonnés font pas le chiffre d'affaires
Yasmine a 100 000 abonnés sur Instagram. Elle coache 25 personnes. Son maximum a été 30 clients, et à 30, elle en pouvait plus. Et les données de Gymkee confirment ce qu'elle vit : passé un certain stade, la corrélation entre nombre d'abonnés et chiffre d'affaires s'inverse carrément. On a un coach chez Gymkee, Joram, qui a 17 000 abonnés et qui fait du contenu instructif. Il a dépassé 300 000 euros de chiffre d'affaires sur les premiers mois de l'année. Un compte à fort volume de divertissement convertit beaucoup moins qu'on pourrait croire.
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Le vrai shadow ban, c'est pas ce que tu crois
Yasmine a vécu un vrai shadow ban. Son compte est passé au rouge, avec la mention noir sur blanc qu'il serait plus montré aux non-abonnés. Pendant 3 mois. Elle a pleuré des semaines. Elle pensait plus pouvoir payer son loyer. C'est à ce moment-là qu'elle a réalisé un truc : elle avait qu'Instagram. Et si Instagram disparaissait, elle disparaissait avec. Du coup sa conclusion c'est simple : lance-toi sur un maximum de plateformes en même temps, dès le début. En 3 mois de shadow ban, elle a atteint 20 000 abonnés sur Facebook, 10 000 sur YouTube et 30 000 sur TikTok... simplement parce qu'elle avait plus le choix.
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Répondre à ses messages, c'est sa stratégie d'acquisition
Yasmine répond à ses messages, même avec des centaines qui arrivent chaque jour. Des gens la suivent pendant 6 mois, regardent toutes ses stories, puis un jour ils lui écrivent : "Tu es ultra motivante, est-ce que tu as de la place pour du coaching ?" Elle vend pas activement. Elle démarche personne. C'est naturel, et c'est justement ce qui la différencie des autres. Elle crée un lien. Les gens se sentent vus. Et ça se convertit, sans pression.
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Le burnout arrive quand tu essaies de tout faire en même temps
À son pic, Yasmine coachait tous les jours. Cours collectifs de CrossFit à Levallois, trajets en scooter dans tout Paris, progs à distance, Instagram à lancer en parallèle. Des fois, elle devait choisir entre manger et faire un post. Elle a fait plusieurs dépressions et plusieurs burnouts. Et elle le dit sans détour : "J'étais partout et nulle part. Du coup je pouvais exceller nulle part." Elle a progressivement réduit : 6 jours de coaching par semaine, puis 5, puis 4, jusqu'à arrêter le présentiel complètement en septembre pour se concentrer sur le coaching à distance, la création de contenu et les ebooks à venir.
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25 clients, c'est sa limite, et elle l'assume complètement
Elle coache 25 personnes aujourd'hui. Son max a été 30. À 30, elle pouvait plus fonctionner. Chaque client lui envoie des messages tous les jours, faut noter les changements, ajuster les programmes, répondre aux blessures. Elle est dispo 5 jours sur 7 en théorie... mais en réalité 7 jours sur 7. Elle sait que sa santé mentale prendra un coup si elle force. Du coup son prochain levier c'est les ebooks, qui lui permettront de toucher plus de monde sans le poids du suivi personnalisé à chaque nouvelle personne.
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L'humour amène des abonnés, le contenu instructif convertit en clients
Yasmine fait beaucoup d'humour sur ses réseaux, c'est ce qui est repartagé, ce qui ramène les gens. Mais ce qui convertit en clients, c'est quand elle prend la parole face caméra. Ses vidéos scriptées (oui, tout est scripté, elle utilise un prompteur) sur des sujets de bien-être, de bienveillance, de réalité du fitness... c'est ça qui crée l'attachement. Elle est "ta grande sœur qui va t'aider à croire en toi." Et les gens qui s'attachent à cette version d'elle sont ceux qui demandent ensuite du coaching.
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ChatGPT pour gagner du temps, pas pour remplacer sa voix
Yasmine utilise ChatGPT pour écrire ses scripts vidéo, rédiger ses descriptions, gagner du temps. Elle insiste : la version payante, pour pas être bloquée. Mais elle rajoute toujours sa patte par-dessus. Ses mots, son ton, ses tournures. L'IA fait le gros du boulot, elle fait la voix. C'est pour ça que son contenu reste le sien.
Ressources mentionnées
- ChatGPT (version payante) pour écrire les scripts vidéo et rédiger les descriptions Instagram
- Instagram comme réseau principal, 100 000+ abonnés
- TikTok, YouTube Shorts, Facebook activés massivement pendant le shadow ban
- Google Sheet pour le suivi hebdomadaire des programmes clients
- Prompteur pour toutes ses vidéos face caméra et vidéos scriptées
- Ngé (coach sportif) mentionné dans la discussion sur la frontière entre coach sportif et créateur de contenu
- Joram, coach sportif client de Gymkee : 17 000 abonnés, plus de 300 000 euros de chiffre d'affaires sur les premiers mois de l'année, grâce au contenu instructif et au bouche-à-oreille
"Des fois je choisissais entre deux coachings. Soit je mangeais, soit je faisais un post Instagram. J'ai fait plusieurs dépressions et plusieurs burnouts. Ça a été très très compliqué."
"C'est là que j'ai réalisé : s'il y a plus les réseaux, si j'ai plus Instagram, je suis morte. Donc vraiment, lancez-vous sur un maximum de plateformes."
"Mon max ça a été 30 clients. 30 j'en pouvais plus, je te le dis. Je pourrais en prendre beaucoup plus, mais ma santé mentale, ça prendra un coup."