Choix des exercices

Le choix des exercices, c’est le processus qui décide quels mouvements entrent dans un programme, en fonction de l’objectif, de la morphologie et des antécédents du client, du matériel disponible, et de la facilité à faire progresser et à suivre l’exercice dans le temps.

Choix des exercices : qu’est-ce que c’est ?

Le choix des exercices est l’endroit où beaucoup de coachs expriment leur identité, et aussi l’endroit où beaucoup de programmes déraillent en silence. Le problème n’est presque jamais qu’un exercice soit mauvais ; c’est qu’il a été choisi pour la mauvaise raison, parce qu’il rendait bien en vidéo, parce que le coach aime le faire, ou parce qu’il bouchait un trou dans un modèle de séance. Un bon processus part du schéma moteur dont le programme a besoin, et seulement ensuite demande quel exercice le délivre le mieux pour ce client.

Les cinq filtres

Fais passer chaque exercice candidat par les mêmes cinq questions, dans cet ordre. S’il échoue à une question du début, les suivantes n’ont plus d’importance.

FiltreQuestionCe qui échoue
Cohérence avec l’objectifTravaille-t-il le schéma ou le muscle prioritaire du bloc ?Les exercices ajoutés uniquement pour varier
SécuritéCe client peut-il l’exécuter sans réveiller un problème connu ?Flexion lombaire chargée chez un client avec un antécédent discal
ApprentissagePeut-il bien l’exécuter en quelques séances ?L’haltérophilie pour un client lambda
ProgressivitéPeut-on augmenter la charge ou les reps par petits paliers ?Un mouvement au poids du corps que le client ne fait pas une fois
DisponibilitéLe matériel sera-t-il vraiment libre quand il s’entraîne ?L’unique rack à squat d’une salle bondée à 18h

Le schéma d’abord, l’exercice ensuite

Écris la séance en schémas avant de l’écrire en exercices : squat, charnière de hanche, poussée horizontale, tirage horizontal, vertical, port de charge. Ensuite seulement, choisis le mouvement précis qui délivre chaque schéma pour ce client dans cette salle. Ça garde une séance structurellement complète même quand le matériel force des substitutions.

Ça rend aussi la substitution sûre. Un client qui ne trouve pas de banc ne saute pas la poussée horizontale, il fait la version haltères ou machine, parce que le plan a précisé le travail à faire et que l’exercice n’est que la manière de le faire.

Morphologie et adaptation individuelle

Les proportions des segments changent le confort d’une variante bien avant que la technique soit en cause. Un client avec de longs fémurs et un tronc court trouvera qu’un back squat barre basse impose un buste très penché, et tirera souvent plus de profit d’un squat barre haute ou d’un front squat, ou d’une position talons surélevés. La structure de l’épaule change le fait que le développé couché barre à plat soit confortable ou qu’une version haltères ou légèrement inclinée convienne mieux.

La règle pratique, c’est de traiter une gêne sur un mouvement bien coaché comme une information sur l’adaptation morphologique, pas comme un défaut technique à corriger indéfiniment. Il existe presque toujours un autre exercice qui travaille le même schéma sans discussion.

Combien de variété il faut vraiment

Moins que ce que la plupart des coachs proposent. Les mouvements principaux doivent rester fixes sur tout un bloc pour que la progression soit mesurable ; les accessoires peuvent tourner d’un bloc à l’autre. Changer d’exercices chaque semaine offre de la nouveauté à ton client et ne te laisse rien à mesurer, et la nouveauté s’use plus vite que les données perdues ne reviennent.

Une exception utile : attacher dès le départ des alternatives validées à chaque exercice. Ce n’est pas de la variété, c’est un plan de secours. Ton client bascule sur un mouvement que tu as déjà choisi au lieu d’improviser quelque chose que tu n’aurais pas retenu.

À retenir

  1. Filtre chaque exercice sur l’objectif, la sécurité, l’apprentissage, la progressivité et la disponibilité.
  2. Écris les séances en schémas moteurs d’abord, puis choisis l’exercice qui délivre chaque schéma.
  3. Une gêne sur un mouvement bien coaché renseigne sur la morphologie, pas sur la technique.
  4. Garde les mouvements principaux fixes sur un bloc ; fais tourner les accessoires entre les blocs.

Questions fréquentes

Combien d’exercices dans une séance ?

Cinq à huit pour la plupart des clients, selon la durée de séance et le fait que des mouvements soient associés ou non. Au-delà, les séances s’allongent et les derniers exercices se font en état de fatigue, où ils apportent bien moins que ce que ton client imagine.

Les charges libres valent-elles mieux que les machines ?

Aucune des deux familles n’est supérieure ; elles répondent à des filtres différents. Les charges libres transfèrent davantage vers les mouvements chargés du quotidien et se règlent par petits paliers. Les machines s’apprennent plus vite, se mènent près de l’échec sans pareur, et sont souvent plus confortables avec une restriction articulaire précise. La plupart des bons programmes contiennent les deux.

À quelle fréquence changer les exercices ?

Les mouvements principaux restent sur tout un bloc, quatre à six semaines au minimum, pour que la progression soit suivie. Les accessoires peuvent tourner entre les blocs. L’exception, c’est tout exercice qui provoque une douleur, qu’on change immédiatement quel que soit l’endroit où on en est dans le bloc.

Mis à jour le 28 août 2026

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